15 juin: journée mondiale contre la maltraitance des personnes âgées

 

 

 

L’ONU a désigné le 15 juin : Journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées.

 

 

C‘est le seul jour de l’année où le monde entier exprime son opposition à l’abus et aux souffrances infligées aux plus âgées.

 

Les diverses formes de maltraitance envers les personnes vulnérables ont augmenté pendant le confinement.

Les mesures imposées ont réactivé ou majoré des situations de violences intrafamiliales. L’actualité récente l’a rappelé pour les violences faites aux femmes mais c’est aussi le cas pour des personnes très âgées ou en situation de handicap.

 

Dans les maisons de retraite, les mesures individuelles de confinement en chambre ont interdit les visites des familles.  La vie sociale ordinaire, déjà très pauvre, a été comme « asséchée » par la rareté des passages des professionnels dans des établissements où ils sont trop peu nombreux, par l’interruption de certains soins (notamment de rééducation) et par l’absence ou la grande précarité des animations proposées.

 

Des constats similaires peuvent être établis dans les établissements qui accueillent des personnes en situation de handicap.

 

 

Cette journée mondiale a pour but de sensibiliser l’opinion publique et les professionnels du domaine médical, médico-social et social sur un phénomène inacceptable et tabou dans notre société.

 

 

« Tu verras maman, tu seras bien »….

 

Un directeur d’EHPAD témoigne.

Pendant près de trois ans, Jean Arcelin a dirigé une maison de retraite dans le sud de la France, avant de renoncer, épuisé par un trop-plein d’émotions et révolté par la faiblesse des moyens mis à sa disposition.

 

 

 

 

 

Il livre son récit dans un livre « Tu verras maman, tu seras bien » paru aux éditions XO.

 

Dans un entretien à la Presse, il indique (extraits):

 

 

 

 

« C’était un Ehpad en souffrance avec un turnover incessant du personnel, un absentéisme massif. Plusieurs résidents avaient des problèmes de santé graves, et semblaient livrés à eux-mêmes, n’étaient ni lavés ni changés. Dans certaines chambres, on se serait cru face à des scènes de guerre.

Et dans le même temps la direction générale m’obligeait tellement à faire du chiffre que c’en était aberrant. Il fallait absolument que l’établissement soit rempli au minimum à 90 %, sinon cela ne rapportait pas assez. Je devais cocher un tableau de présence qui, s’il passait du vert au orange, donnait lieu à des emails de reproches ».

« Cette pression du résultat m’a forcé à accepter des résidents qui n’auraient pas dû être admis, en raison de leur pathologie parfois dangereuse, alors que nous n’avions pas les moyens en personnel pour nous en occuper sereinement ».

 

« Peu à peu je me suis aperçu que ce business des seniors est impitoyable.

Il fallait tout le temps faire des économies. On m’a fixé un coût de repas journalier à 4,35 euros, pour le petit déjeuner, le déjeuner, la collation, le repas du soir… Soit à peine un euro par repas.

On a dû acheter ce qui se faisait de moins cher dans les centrales d’achat, comme du hoki, un poisson qui est franchement mauvais, et que les pensionnaires retrouvaient trop souvent dans leur assiette. Pourtant, on demandait 3000 euros par mois aux familles, et l’Ehpad dégageait 400 000 euros de bénéfice net avant impôt ».

 

« Pour donner une bonne image de l’établissement, notre direction générale exigeait que l’on mette de façon bien visible dans le hall d’accueil, qui était notre vitrine marketing, des grands-mères plutôt en forme, comme des Mamie Nova souriantes. À l’inverse, on devait planquer discrètement les moins présentables, sur leurs fauteuils roulants, dans des chambres fermées, pour éviter l’effet repoussoir »…

« L’établissement doit sentir bon, sinon cela signifie qu’il économise sur les protections urinaires ».

 

Jean Arcelin conseille aux familles de ne pas hésiter à demander quel est le nombre de soignants par résident, le jour mais aussi la nuit.

Il les incite à manger parfois avec les résidents, pour voir ce qu’on leur sert.

Il leur demande de ne pas hésiter à se promener dans les couloirs pour se faire sa propre impression, et à discuter avec le personnel.

Il ne faut pas se contenter de la présentation de la direction qui a tendance à enjoliver les choses.

 

Il conclut l’entretien en ces termes: « C’est un monde vraiment cynique dans son organisation, même si heureusement beaucoup de gens compétents et dévoués font de leur mieux »….

 

« Tu verras maman, tu seras bien », de Jean Arcelin, est en vente en librairie au prix de 19,90 €.

 

Les visites aux résidents des maisons de retraite sont à nouveau autorisées

 

 

 

Le confinement strict en maisons de retraite était de plus en plus difficile à vivre. L’interdiction des visites, depuis mi-mars, a suscité beaucoup de détresse, enfermant un peu plus nos ainés dans la solitude.

 

Certains résidents se laissent aller pour ne pas dire se laissent mourir, d’autres sont victimes de sérieux troubles psychologiques. (Lire ou relire les seniors seront coupes du monde).

Depuis lundi 20 avril 2020 il est de nouveau possible de rendre visite à des proches en maison de retraite, « à la demande du résident » et dans des conditions très encadrées.

Le gouvernement a publié un protocole qui prévoit:

  •  Visites à la demande du résident

Les demandes de visites doivent émaner du résident lui-même, « dans le cas où le résident ne peut pas l’exprimer formellement en première intention, son avis est sollicité quant à l’éventualité d’une visite. »

Les résidents pour qui « le confinement a un fort impact sur la santé physique et mentale«  sont prioritaires. C’est à l’équipe soignante et aux médecins coordonnateurs de décider le cas échéant.

  •  Pas plus de deux visiteurs pour une durée d’une heure maximum

Les proches doivent remplir « une demande écrite de rendez-vous, qui pourra utilement être dématérialisée ». Une réponse de l’établissement définissant la procédure, le jour et l’heure de la visite leur sera ensuite adressée.

  • Contacts physiques interdits

Les proches doivent signer une charte dans laquelle ils s’engagent à respecter l’intégralité du protocole et des mesures sanitaires en particulier les gestes barrières. Il est interdit « de toucher le résident » et « d’échanger des objets et denrées ». « En cas de transgression des règles de sécurité et gestes barrières par les proches, leurs visites seront suspendues ».

Les familles doivent remplir un questionnaire attestant qu’elles n’ont pas de symptômes et porter des masques.

Le circuit de la visite doit être « sécurisé » pour « éviter tout contact entre le visiteur et les résidents et les personnels de l’établissement (hormis ceux chargés d’accueillir et accompagner les visiteurs). » Il est recommandé d’éviter que plusieurs familles soient présentes au même moment et une distance physique d’au moins 1,50m est obligatoire.

Un professionnel doit être présent pendant les visites. « En cas de nécessité, il pourra être prévu un retour de bénévoles en nombre limité, formés aux gestes barrières et à la distanciation sociale et connaissant les contraintes des établissements: pompiers volontaires, protection civile, Croix-Rouge.

  •  Rencontres en extérieur privilégiées

« Les rencontres en extérieur sont privilégiées pour que les visiteurs n’entrent pas dans l’établissement »: les visites peuvent se faire dans les terrasses, jardins, cours, parkings.

En cas d’impossibilité, un espace peut être aménagé dans les salles de restaurant par exemple.

Pour les résidents qui « présentent des contre-indications médicales (maladie aiguë grave, fin de vie,…),mais aussi des difficultés de mobilité significatives, ou des troubles du comportement ou des troubles cognitifs importants qui pourraient ne pas leur permettre de se déplacer », il est « envisageable qu’un proche puisse leur rendre visite directement dans leur chambre » dans les conditions sanitaires requises.

 

Dans l’ensemble des Ehpad « il revient aux directeurs d’établissement de décider des mesures applicables localement, après concertation collégiale avec l’équipe soignante et en particulier les médecins coordonnateurs le cas échéant, en fonction de la situation sanitaire de l’établissement et dans le respect des préconisations en vigueur dans le territoire concerné ».

 

Pour en savoir plus, voir le protocole gouvernemental

 

Une direction d’EHPAD dessaisie par sa tutelle

 

 

Ce lundi 6 avril 2020, la direction de la Rosemontoise, établissement pour personnes âgées de Valdoie, au Nord de Belfort, a été dessaisie.

 

 

 

Les deux tutelles, l’Agence Régionale de Santé (ARS) et le Conseil départemental prennent la main pour deux mois reconductibles. La direction actuelle reste en place et sera placée sous leurs ordres.

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DromAlma – continuité de service

L’épidémie qui frappe le pays et le confinement perturbent fortement notre organisation et ne nous permettent plus d’exercer nos permanences du jeudi matin.

Cependant, nous nous efforçons de prendre en compte les appels laissés sur notre répondeur téléphonique et vos appels directs au 3977.

Tous les dossiers ne peuvent être traités, seules les « urgences manifestes » font l’objet d’un suivi particulier.

 

Vous pouvez continuer à nous appeler, nous faisons le maximum pour être à votre écoute et vous apporter notre aide.

 

Le mot du président – Avril 2020

Bonjour à toutes, bonjour à tous,

 

Quelques mots pour prendre de vos nouvelles, vous dire mes souhaits que tout se passe bien pour vous malgré un confinement qui peut paraître pénible mais reste nécessaire vu l’état actuel de la santé de notre pays.

Bien sûr le 2 avril cette rencontre conviviale  elle  n’est pas annulée mais reportée, la vie continue malgré ces drames qui se nouent  dans beaucoup de familles.

Mon vœu le plus cher, qu’aucun d’entre nous ni aucun de vos proches ne soit atteint.

Pour ce qui est du fonctionnement de notre centre je remercie Valerie de m’avoir donné régulièrement des nouvelles en appelant le répondeur à distance.

En ce qui me concerne je suis un peu beaucoup sur la brèche médicalement parlant, la situation ne laisse guère le choix.

Mes pensées vont à vous et à vos proches pour vous souhaiter bon courage, bonne continuation, nous nous reverrons bientôt,

Cordialement, amicalement,

 

Éric Lamouroux

Soutien Psychologique Bénévole pour tous les soignants sur le terrain

 

La plateforme « Psychologues Solidaires » offre un soutien psychologique bénévole aux soignants qui en ont besoin. Elle propose des téléconsultations gratuites pour tous les soignants.

 

 

 

Plus de 800 psychologues solidaires sont à l’écoute des soignants qui travaillent dans des conditions très dures et qui sont déjà confrontés à faire des choix particulièrement difficiles dans certaines zones géographiques françaises alors que le pic de l’épidémie de coronavirus n’est pas encore atteint.

 

 

  • Vous êtes psychologue

Vous pouvez vous mobiliser pour offrir aux soignants qui en ressentent le besoin des téléconsultations gratuites de soutien psychologique.

 

  •  Vous êtes soignant(e) et avez besoin d’aide

Vous pouvez bénéficier de téléconsultations gratuites sur l’ensemble du territoire français et pendant toute la durée de la crise sanitaire.

 

Dans les deux cas, rendez-vous sur https://psychologues-solidaires.fr

 

Voir aussi la page facebook.com/PsychologuesSolidaires

 

Coronavirus: Ehpad : les seniors seront coupés du monde

Article paru dans Le Monde – 17/03/2020

 

 

Paul-Loup Weil-Dubuc

Ehpad : les seniors seront coupés du monde

 

 

 

 

 

La décision d’interdire les visites dans les Ehpad est, selon le philosophe, motivée par la peur de « l’opinion publique, qui serait touchée si l’épidémie se propageait aux anciens, mais ne semble pas choquée qu’ils puissent « mourir par isolement »

Le président de la République avait pourtant appelé à des mesures proportionnées. Dans un Ehpad, il l’avait clairement dit : les mesures trop contraignantes ne seront pas « tenables ». Quelques jours plus tard, et d’un seul coup d’un seul, les Ehpad sont interdits aux visiteurs sans que les équipes et les résidents aient eu leur mot à dire, sans qu’ils aient pu anticiper cette mesure.

On ne comprend pas bien. Est- ce là l’idée qu’on doit se faire d’une mesure tenable ? Les personnes âgées vont­-elles tenir ? On n’en sait rien. Leur a­ t’ ­on seulement demandé ce qui est vivable pour elles ?

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